À venir

Fermer la recherche

Conférence sur Vatican II (2ème partie)

Publié le 17 décembre 2025

Conférence donnée par le père Bertrand le 7 décembre 2025 à l’église de Tresses sur Vatican II

(2 ème partie)

En 1959, fruit d’une intuition mystique, le pape Jean XXIII a convoqué le Concile Vatican II, après une
longue préparation.
I. Le Concile des Pères
A – La préparation par la Curie Romaine, sous la conduite du cardinal Alfredo Ottaviani, secrétaire
du Saint Office.

  • 1959 : 2598 questionnaires sont envoyés aux évêques, aux directeurs de facultés
    catholiques et aux supérieurs des ordres religieux (seulement masculins)
  • 1988 réponses (5000 pages) sont adressées à la Curie. Les réponses marquent très
    majoritairement une satisfaction de la situation. Quelques demandes marginales sur la
    condamnation du communisme, sur de nouveaux titres pour la Vierge Marie (médiatrice
    de toutes grâces), sur l’usage des langues vernaculaires, la modification de la discipline du
    célibat…
  • Le cardinal Alfredo Ottaviani prépare des schémas qui sont envoyés aux évêques en vue
    de les proposer aux votes.
    B – Les grands moments du Concile
  • Lors de l’ouverture le 11 octobre 1959, Jean XIII déclare : « le concile qui commence
    s’élève dans l’Eglise comme un jour resplendissant de lumière éclatante. Ce n’est encore
    que l’Aurore, mais comme les premiers rayons du soleil levant touchent déjà doucement
    nos âmes ! Tout ici respire la sainteté, suscite l’exultation. Que votre engagement et votre
    travail, vers lesquels se tournent non seulement les regards des peuples, mais aussi les
    espoirs du monde entier, répondent largement aux attentes. »
    o « Pas de modification de la doctrine mais changement de la façon de la
    transmettre » ;
    o « Choisir la miséricorde plutôt que de brandir les armes de la rigueur » ;
    o « Rejet des « prophètes de malheur » ;
    o « Confiance dans la Providence » ;
    o « Le monde n’est pas à condamner, mais à évangéliser. »
  • 2400 évêques, 4 laïcs et des observateurs des autres religions. Le pape portait la tiare
    pontificale, le trirègne, formée de trois couronnes symbolisant le triple pouvoir du pape :
    père des rois, régent du monde, vicaire du Christ.
  • Dès le départ, les commissions préparées par la Curie sont contestées par les évêques qui
    souhaitent d’abord prendre du temps pour mieux se connaître.
  • Alors que le concile devait être court, il y eu 4 sessions durant les automnes de 1962 à
  1. Les intersessions ont été très importantes car il y a eu de nombreuses discussions
    sur les documents du concile.
  • Le pape Jean XXIII est mort le 3 juin 1963. Paul VI est élu 262 ème pape le 21 juin1963.
    C’est lui qui achèvera le concile et guidera l’Eglise postconciliaire.

C – Les hommes du concile Vatican II

  • Les hommes d’ouverture appartenant à la majorité : Joseph Frings, cardinal archevêque de
    Cologne, Achille Liénart, archevêque de Lille et Léon-Joseph Suenens, cardinal
    archevêque de Bruxelles, Karol Wojtyla, archevêque de Cracovie, futur Jean Paul II ;
  • Des figures d’opposition : Alfredo Ottaviani, cardinal de la Curie, chef du Saint-Office,
    opposant au changement et Marcel Lefebvre, archevêque de Dakar, le cardinal Augustin
    Bea, jésuite allemand :
  • Des experts : les dominicains Marie-Dominique Chenu et Yves Congar, le jésuite Henri de
    Lubac, Karl Rahner, jésuite allemand, et Joseph Ratzinger, futur Benoît XVI.

D – Les documents du concile
Le concile Vatican II a produit16 documents sur des sujets divers concernant l’Eglise et son
rapport au monde :

  • 2 constitutions dogmatiques Lumen Gentium (sur l’Église) et Dei Verbum (sur la
    Révélation), 1 constitution sur la liturgie Sacrosanctum Concilium, 1 Constitution
    pastorale Gaudium et spes (sur l’Église dans le monde de ce temps), 
  • 9 décrets : Inter mirifica (sur les moyens de communication sociale),  Optatam totius (sur
    la formation des prêtres), Perfectae caritatis (sur la vie religieuse), Apostolicam
    actuositatem (sur l’apostolat des laïcs), Ad Gentes (sur l’activité missionnaire de
    l’Église), Orientalium Ecclesiarum (sur les Églises orientales catholiques), Unitatis
    redintegratio (sur l’œcuménisme),  Christus Dominus (sur la charge pastorale des
    évêques) et Presbyterorum ordinis (sur le ministère et la vie des prêtres).
  • 3 déclarations : Gravissimum educationis (Déclaration sur l’éducation
    chrétienne), Nostra aetate (Déclaration sur l’Église et les religions non
    chrétiennes), Dignitatis humanae (Déclaration sur la liberté religieuse).
  1. Lumen Gentium : le sacrement de la communauté humaine authentique 
    a. « Le Christ est la lumière des peuples » : l’Eglise n’a pas de fin en soi mais est
    appelée à suivre le Christ et à inviter l’humanité à l’union avec Dieu.
    b. L’Eglise n’est pas d’abord une organisation / société parfaite mais un « sacrement du
    salut » : une communion de disciples, animés par l’Esprit-Saint et par un culte juste
    qui poursuit et étend la présence et la mission du Christ dans le monde.
    c. Redécouverte du « peuple de Dieu » : ensemble des baptisés ! La hiérarchie est une
    volonté de Jésus mais elle est au service de la croissance spirituelle des laïcs (pas de
    verticalité).
    d. Appel universel à la sainteté !
    e. Marie n’est pas un sujet à part mais est un membre suréminent de l’Eglise (par son
    oui, son écoute de la Parole faite chair, son obéissance) …
  2. Dei Verbum : la Parole de Dieu brise le silence
    a. L’humanité ne vit pas dans un monde fermé : Dieu lui parle et l’homme peut
    l’entendre : amitié et dialogue pour entrer en communion/ rencontrer un mystère
    personnel d’amour. Ce n’est pas un système de pensée.
    b. La révélation culmine en Jésus Christ. Dieu fait homme, centre de l’histoire.
    c. Réconciliation entre exégèse scientifique de foi : lire les Ecritures à la lumière de
    l’Esprit-Saint en tenant compte du contexte.
    d. Les Ecritures doivent être mises en valeur dans l’étude et dans la proclamation :
    création de l’ambon comme autel de la Parole.
  3. Sacrosanctum Concilium : Adorer celui qui est digne d’être adoré, voté par 2174 évêques/4
    a. « Dans la liturgie, ce qui est humain, ordonné et soumis au divin ; ce qui est visible à
    l’invisible ; ce qui relève de l’action à la contemplation ; ce qui est présent à la cité
    future que nous recherchons. »
    b. Caractère christocentrique pour nous décentrer de nous-mêmes ; décentrer l’Eglise
    d’elle-même ; décentrer le monde de lui-même… pour tout tourner vers le Père.

c. Retrouver la participation « pleine, consciente et active » = offrande de soi avec Jésus
différent du faire et de l’activisme.
d. Source et sommet de la vie chrétienne = nourriture pour être envoyé en mission
différent du spectacle et du folklore.

  1. Gaudium et Spes : Conception d’un humanisme christocentrique
    a. Texte en 2 parties : une partie théologique, une partie pastorale qui a vieilli ;
    b. Grande synthèse christocentrique : « l’Eglise croit que la clé, le centre et la fin de
    toute histoire humaine se trouve en son Seigneur et maître » et anthropologique : « Le
    mystère de l’homme ne s’éclaire vraiment que dans le mystère du Verbe incarné. Le
    Christ manifeste pleinement l’homme à lui-même et lui découvre la sublimité de sa
    vocation » et par conséquent « l’homme ne peut pleinement se trouver que par le don
    désintéressé de lui-même » …
    c. Lecture positive mais rééquilibrée de la modernité ;
    d. Invitation à l’évangélisation après avoir scruté les signes des temps.
  2. Ad Gentes : Témoins et missionnaires
    a. Le mandat de l’évangélisation n’a pas sa source dans le commandement de Jésus mais
    dans la Trinité : l’Eglise sur terre est par nature missionnaire puisque, selon les plans
    du Père, elle a son origine dans la mission du Fils et du Saint-Esprit ;
    b. Toute l’Eglise est appelée à la mission et pas seulement les « missionnaires » !
    c. La mission est d’abord celle du témoignage du salut offert par le Christ qui doit se
    manifester par des œuvres en vue de la libération de l’homme différent du
    prosélytisme !
  3. Dignitatis Humanae : Vérité, liberté et limites du pouvoirs des Etats
    a. Influence de l’expérience américaine (pluralisme) ;
    b. Affirmation des droits inviolables de la personne (dont la liberté religieuse est le plus
    haut) contre toute tentative de l’Etat d’imposer une idéologie ou une religion ;
    c. L’homme a le devoir de chercher la vérité et, quand il l’a trouvé, de l’embrasser.
    « Cette unique vraie religion, nous croyons qu’elle subsiste dans l’Eglise
    catholique » !
  4. Clôture du Concile le 8 décembre 1965 par Paul VI : enthousiasme !
    « Nous sommes les témoins de la naissance d’un nouvel humanisme : l’homme s’y définit
    avant tout par la responsabilité qu’il assume envers ses frères et devant l’histoire » (Gaudium
    et Spes).
    Discours de clôture :
    a. « Un courant d’affection et d’admiration a débordé du Concile sur le monde humain
    moderne. »
    b. « Reconnaissez -lui au moins ce mérite, vous, humanistes modernes, qui renoncez à la
    transcendance des choses suprêmes, et sachez reconnaitre notre nouvel humaniste :
    nous aussi, nous plus que quiconque, nous avons le culte de l’homme. »
    c. Nouvelle Pentecôte pour l’Eglise !
  5. Conclusion : les acquis de Vatican II
    a. Dialogue œcuménique ;
    b. L’Eglise est une hiérarchie de service ;
    c. Reconnaissance de la liberté religieuse ;
    d. Nous sommes tous appelés à la sainteté ;
    e. Redécouverte du peuple de Dieu ;
    f. Marie, mère de l’Eglise ;

g. La richesse de la liturgie de la Parole et la redécouverte des textes.

Prochaine conférence sur les années postconciliaires

« * » indique les champs nécessaires

Ce champ est masqué lorsque l‘on voit le formulaire.
Ce champ est masqué lorsque l‘on voit le formulaire.